Solutions de Financement en Afrique : Microfinance et Fonds d’Investissement

Joël Cadier, Directeur Associé chez KeysFinance Partners, évoque quelles sont les différentes solutions de financement disponibles sur le marché, comme par exemple la microfinance et les fonds d’investissement.

Joël Cadier, Directeur Associé chez KeysFinance Partners, évoque quelles sont les différentes solutions de financement disponibles sur le marché, comme par exemple la microfinance et les fonds d’investissement.

« Il y a des solutions alternatives depuis plusieurs années, je pense notamment à la microfinance. La microfinance a un rôle très important à jouer pour tous ces acteurs qui basculent ou voudraient basculer dans l’économie formelle. Attention, la microfinance est très onéreuse, donc on ne parle pas de crédits à moyen ou long terme. Il s’agit de court terme, pour acheter des marchandises et les revendre, éventuellement pour acheter un camion, à condition que la rotation permette de le rembourser rapidement, en 6 à 12 mois. Ces acteurs vont vraiment aider ces entrepreneurs ou micro entrepreneurs dans leur développement. Advance Côte d’Ivoire, par exemple, est une institution de microfinance offrant des petits crédits, mais également des crédits relativement importants, qui dépassent fréquemment les 10 millions de francs CFA et parfois même 100 millions à la 2ème ou 3ème rotation. Ils financent des grossistes, des semi-grossistes, des transporteurs… Aujourd’hui, ils pénètrent aussi le secteur agricole, ils financent des coopératives… Ce type d’acteurs permet véritablement de combler une partie des besoins en financement qui ne sont pas couverts par les banques commerciales ».

« Pour les financements de développements régionaux qui vont nécessiter 5 à 20 milliards d’euros, on a deux solutions. Je ne parle pas des grands groupes, tels que SIFCA, qui ont accès soit aux emprunts obligataires, soit à des financements internationaux avec la PROPARCO, voire la BAD (Banque Africaine de Développement), ainsi qu’aux réseaux bancaires africains, qui peuvent syndiquer plusieurs de leurs filiales pour arriver à 15 ou 20 milliards. Pour les autres, ils doivent réfléchir à l’ouverture de leur capital pour faire rentrer un fond d’investissement en equity + dette (parfois uniquement de la dette, parfois uniquement de l’equity, généralement un mélange des deux) ».

« A partir du moment où il décide d’ouvrir son capital, il a la possibilité de rechercher un fonds d’investissement, mais il a aussi tout intérêt à envisager une alliance avec un partenaire stratégique, industriel, avec lequel il aura une communauté d’intérêts beaucoup plus forte qu’avec un fonds d’investissement, qui, lui, souhaitera sans doute une sortie à 5 ou 7 ans. En revanche, un partenaire industriel ou stratégique s’inscrit dans du long terme, dans un souhait mutuel de faciliter le développement de ce groupe régional avec l’appui d’un groupe international qui souhaite mitiger son risque dans le cadre de son développement en Afrique, et qui veut un relai local qui maîtrise l’environnement. C’est alors notre rôle d’identifier la meilleure solution pour notre client, dans le cadre de cette recherche : un fonds d’investissement, parce que l’objectif de financement est à court terme, et que l’entrepreneur veut redevenir seul propriétaire de son groupe dans 5 ans, ou n’est pas prêt à un partenariat stratégique avec un confrère bien plus gros que lui qui vient d’Europe ou d’ailleurs ; ou un partenaire industriel stratégique qui va lui apporter une crédibilité sur son ou ses métiers, une expertise qu’il ne possède pas encore, la possibilité de passer dans les normes ISO, etc., en bref qui va lui apporter des cartes supplémentaires. C’est à nous de l’accompagner, d’examiner tous ces éléments pour identifier le meilleur partenaire possible. On négocie ensuite les meilleures conditions pour les deux parties, évidemment en protégeant d’abord les intérêts de notre client », explique Joël Cadier.

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