RMG Concept : Un Partenaire Privilégié pour une Agriculture Durable en Afrique de l’Ouest

Emmanuel Fillion nous parle du secteur de l’agriculture en Côte d’Ivoire et en Afrique de l’Ouest et explique quelles sont les activités de RMG Concept dans les domaines des intrants, de la production agricole, de la transformation, de la distribution et de l’incinération. Il partage également sa vision pour RMG Côte d’Ivoire SA et RMG Concept dans les années à venir.

Interview avec Emmanuel Fillion, Directeur Général Adjoint de RMG Côte d’Ivoire SA

Emmanuel Fillion, Directeur Général Adjoint de RMG Côte d’Ivoire SA

Quelles sont les tendances du secteur ?

Le Groupe RMG Concept intervient dans le domaine de l’agriculture en Côte d’Ivoire, mais aussi au Ghana, au Sénégal, au Burkina et au Mali, depuis plus de 10 ans.

L’agriculture ivoirienne est une activité en plein développement, notamment au niveau des productions de coton, cacao et anacarde, qui sont en augmentation depuis quelques années.

Toutefois, on relève un manque de structuration de nombreuses filières agricoles (maraichage, vivrier, etc.), pour lesquelles les petits producteurs se retrouvent souvent isolés, ne disposant pas des moyens financiers pour accéder aux intrants et n’ayant pas la technicité pour les utiliser correctement, et donc obtenant des rendements faibles. Ils doivent ensuite souvent faire face à de fortes fluctuations de prix sur les matières agricoles les amenant à écouler leurs stocks en dégageant finalement des revenus insuffisants pour couvrir les besoins de la famille et pour refinancer l’exploitation agricole lors de la campagne suivante.

Ce souci de structuration, creusant un écart entre le producteur, le fournisseur d’intrant, la formation, les structures de financement et la distribution des produits de récolte, est un vrai défi à relever, dont RMG Concept fait son cheval de bataille.

Qui sont vos concurrents ?

C’est au niveau de la qualité des produits que nous fabriquons, de la technicité de nos solutions et de nos fonctions supports, notamment logistiques, que nous faisons la différence.

Notre activité est directement confrontée aux fournisseurs d’intrants agricoles. A ce niveau, nous faisons face à un marché concurrentiel de plusieurs dizaines d’opérateurs de toutes tailles, bien souvent opérant dans le milieu informel. En général, ce sont des entités qui se contentent de faire de la distribution de produits “économiques”, sans s’investir dans la verticalité de la chaine des valeurs, ni même la formation des planteurs, ce qui présente un certain risque d’exposition à des substances potentiellement dangereuses vis-à-vis des agriculteurs et des consommateurs.

RMG Concept est donc un pionnier par son approche intégrée de la fourniture d’intrants, avec quelques projets pilotes que nous avons démarrés dans le soja, le maïs, le riz, le cacao et le coton (au Ghana). Nous sommes parmi les premiers à avoir ainsi expérimenté des business model visant à fédérer des producteurs en leur fournissant un package de solutions (semences, engrais, protection des cultures, biostimulant, matériel) et services (formation, encadrement, financement, etc.) permettant d’améliorer leur revenu.

Quels sont vos avantages concurrentiels comparé aux autres acteurs ?

Nous sommes sur une activité assez complexe parce qu’elle cumule plusieurs métiers.

Nous avons en amont à Abidjan une usine de formulation de produits phytosanitaires et conditionnement de semences qui permet d’offrir une gamme d’intrants de qualité contrôlée et tracée. Nous nous distinguons ainsi des génériques du marché par une gamme de solutions que nous tâchons de faire évoluer régulièrement en intégrant des innovations, et en anticipant l’évolution de la règlementation en terme de risque de résidus.

En parallèle nous avons un bon réseau logistique qui permet de couvrir une large diffusion de nos solutions et conseils à travers un réseau de boutiques et entrepôts à l’intérieur du pays. Nous avons également un maillage d’agents véhiculés qui assurent la livraison des détaillants ou coopératives éloignées.

C’est donc au niveau de la qualité des produits que nous fabriquons, de la technicité de nos solutions et de nos fonctions supports, notamment logistiques, que nous faisons la différence.

Parlez-nous du projet du riz que vous avez à Odienné.

Le projet est récent. Nous avons rénové, il y a deux ans, une usine de décorticage de riz à Odienné. Nous avons produit une marque de riz (“KADY”) qui est distribué dans la zone du nord-ouest et livrons certains clients très exigeants, tels qu’une brasserie de renom.

Nous avons greffé autour de cette usine des projets pilotes pour fournir un encadrement à un ensemble de producteurs en vue de racheter leur paddy. Cependant, ce sont des projets qui sont difficiles à mettre en œuvre à grande échelle parce que nous sommes confrontés aux contraintes financières nécessaires à la mise en place de tous les intrants ; et surtout le risque de non remboursement des intrants dûs aux aléas climatiques et autres impévus. C’est l’un des facteurs limitants de ce type de projet. Nous essayons d’apporter, via des partenaires, des formations et des encadrements de manière à créer un maillage avec ces producteurs. Mais le défi, c’est de l’étendre à grande échelle.

En marge du projet Odienné, nous avons signé un partenariat public-privé avec l’Etat ivoirien en vue d’obtenir l’attribution de nouvelles usines de riz dans le centre-ouest de la Côte d’Ivoire. Cela permettra à RMG d’étoffer son réseau en tant qu’acteur majeur de la filière riz.

Y a-t-il des partenaires que vous attendez avant de pouvoir lancer ces projets à grande échelle ?

RMG n’est pas une institution financière au départ, or nos projets impliquent d’importantes injections de cash. Nous souhaiterions un soutien de structures extérieures afin de couvrir nos besoins financiers, et être capables de prendre le risque avec nous pour faire face aux nombreux défis mentionnés précédemment. C’est une étape importante pour RMG afin de faire grandir tous les projets.

Nous avons par ailleurs testé des produits d’assurances indicielles qui permettent de couvrir le risque climatique, mais sans grand succès pour l’instant. Nous sommes donc intéressés de trouver des partenaires expérimentés dans la gestion des risques agricoles.

Quel serait l’idéal à atteindre dans l’organisation des filières agricoles en Côte d’Ivoire ?

Pour le riz par exemple, l’idéal serait d’arriver à une organisation qui permette à des producteurs de vivre décemment de leur production, grâce à une amélioration quantitative et qualitative de leur récolte, et à valoriser leur production de riz à sa juste valeur dans un circuit de distribution qui ne soit pas perturbé par les importations massives d’Asie.

En gros, et au-delà de la filière riz, cela reviendrait à construire une chaine de valeur “par le haut”, impliquant un meilleur encadrement des producteurs en aval, une traçabilité et un contrôle qualité de leur production (calibre, taux d’humidité, taux d’aflatoxine, résidus pesticides, etc.) qui soient en ligne avec un cahier des charges leur ouvrant la porte à un circuit de distribution bien canalisé qui leur garantisse un meilleur prix de vente de leur récolte, voire l’octroi de primes de certification assurant la durabilité de leur exploitation pour la campagne suivante.

Le volet finance doit également être intégré dans ce schéma afin de permettre au producteur de démarrer l’investissement dans son projet (crédit de campagne), et lui permettre de constituer progressivement un fond de roulement qui le conduise finalement à devenir autonome pour faire perdurer son activité.

Aujourd’hui, RMG Concept essaye d’apporter sa contribution dans le processus de construction de ce modèle, à travers le déploiement d’un solide réseau de distribution d’intrants, un encadrement de producteurs, et le partenariat avec des structures intéressées par l’achat de matières agricoles de qualité.

Nous avons par ailleurs déjà démontré la valeur ajoutée de nouveaux itinéraires techniques permettant d’améliorer significativement la productivité, et l’amélioration du revenu de producteurs.

Avez-vous également des projets pilotes dans la culture du coton et dans le cacao ?

Pour le coton, nous avons une structure en activité au Ghana, fournissant un encadrement et des intrants aux producteurs de coton, et rachetant le coton-graine qu’elle égraine et qu’elle revend sur le marché international.

Sur le volet cacao, nous travaillons des modèles similaires, avec par exemple le projet Cocoa Abrabopa (Ghana) qui fournit un encadrement et des intrants à une sélection de producteurs de cacao. Nous assurons le suivi des planteurs jusqu’au rachat du cacao selon un schéma complet de traçabilité permettant de certifier notre cacao et de le revendre sur le marché international.

C’est le meilleur moyen de consolider une filière et de partager le profit aux différents interlocuteurs de la chaîne.

Comptez-vous développer l’incinération en Côte d’Ivoire ?

L’incinération est en effet une activité importante pour RMG qui est aujourd’hui le principal opérateur en Côte d’Ivoire. La destruction des produits phytosanitaires est notamment l’un des marchés que nous développons, car le process de certification des plantations industrielles et de certaines productions agricoles (cacao par exemple) exige de récupérer les emballages vides de produits phytosanitaires et de les détruire selon des normes environnementales strictes.

Par ailleurs, nous investissons actuellement dans un troisième incinérateur qui permettra d’augmenter notre capacité et d’élargir cette activité aux autres déchets polluant : résidus pétroliers, pharmaceutiques, etc.

Y a-t-il d’autres activités que vous comptez développer ?

L’une de nos innovations pour 2019, c’est le volet semences puisque nous avons investi dernièrement dans la première unité de reconditionnement de semences d’Afrique de l’Ouest. Elle est moderne et répond aux critères européens de qualité quant au contrôle d’humidité et de température qui sont exigés pour ce type d’activité. Cela va nous permettre de mettre en place sur le terrain une gamme personnalisée RMG avec des emballages qui seront ajustés aux besoins de nos petits producteurs.

Nous travaillons depuis 2 ans sur le screening continu d’une gamme de semences hybrides (maraichage et maïs) qui permettra d’offrir des variétés performantes et sélectionnées pour les différents climats d’Afrique de l’Ouest.

Parlez-nous du projet soja.

Il s’agit d’un projet initié il y a quelques années, couvrant la production de soja et maïs en rotation, consistant à encadrer une sélection de producteurs, leur apporter à crédit des intrants agricoles ainsi que des services, et les conduire à améliorer leur itinéraire technique en vue de racheter leur production après récolte à un prix garanti. En partenariat avec un gros acheteur de soja, ce projet ambitieux a dû faire face à de nombreuses difficultés de compétitivité en raison des cours mondiaux extrêmement agressifs, nous amenant à repenser différemment l’évolution de ce projet.

Quelles sont vos ambitions sur les deux ou trois ans à venir ?

L’ambition de RMG à moyen terme est de devenir un acteur clé du développement agricole en Afrique de l’Ouest et notamment en Côte d’Ivoire ; ceci à travers la vulgarisation d’itinéraires techniques performants en s’appuyant sur la chaine de valeur et la mise en place de projets intégrés connectant les producteurs aux acheteurs de matières agricoles les plus exigeants.

En améliorant le revenu des producteurs, et en relevant le niveau d’exigence du marché, ces projets permettront de moderniser l’agriculture par l’introduction de solutions de plus en plus performantes (semences hybrides, lutte intégrée, biostimulants, goutte-à-goutte, voire des solutions biologiques, etc.) nécessaires à notre région pour relever les énormes défis de la productivité, tant sur le plan local que mondial.

Scroll to top
Close