Famoco : Le Spécialiste des Terminaux Android Professionnels Sécurisés

Olivier Cechura explique quelles sont les tendances en termes de transformation digitale en Côte d’Ivoire et présente Famoco, une entreprise française spécialisée dans les terminaux Android professionnels sécurisés, et dont l’ambition est de devenir le leader en Afrique et dans le monde de la validation de la transaction digitale. Créée en 2010, la société équipe aujourd’hui une variété de professionnels en mobilité, dans plusieurs secteurs clés de l’économie.

Interview avec Olivier Cechura, General Manager Africa chez Famoco

Olivier Cechura, General Manager Africa chez Famoco

Quelles sont les tendances du marché du secteur dans lequel vous évoluez ?

Le marché de la transformation digitale est très porteur en Côte d’Ivoire. Nous passons du process papier où l’on utilise le bloc-notes et le stylo pour aller vers la dématérialisation. Par exemple, il faut pouvoir vérifier à l’aide d’appareils électroniques qui travaille dans l’agriculture, plus précisément dans les plantations de café et de cacao. Cette agriculture qui représente plus de 60% de l’économie en Côte d’Ivoire. Un autre exemple, c’est le ticket de métro que l’on veut dématérialiser pour le transformer en une carte multi-services pour préparer l’arrivée du métro. Nous sommes dans un contexte où tout le monde veut développer des applications métiers pour dématérialiser ces métiers. Ces applications développées doivent pouvoir être fonctionnelles sur les smartphones. Or, l’on s’aperçoit que l’utilisation des smartphones est un usage détourné. C’est-à-dire que les agents à qui l’on donne ces smartphones vont sur des sites tels que YouTube, WhatsApp et Facebook. Ils n’utilisent pas l’application pour laquelle le smartphone leur a été donné. Cela représente un véritable problème. Face à cela, Nous proposons des terminaux complètement dédiés aux applications métiers que l’on veut digitaliser. Et cela intéresse les entreprises. En six mois, nous avons signé de nombreux contrats parce qu’il y a des clients qui se sont rendus compte que la digitalisation était importante et que nos appareils biométriques permettent d’accélérer cette transformation digitale.

Avez-vous des concurrents dans ce milieu ?

Notre appareil est capable d’exécuter toutes les applications professionnelles dans un environnement sécurisé et contrôlé à distance. Ce sont des appareils professionnels, robustes, qui sont des appareils durcis pour pallier à toutes les conditions.

Nous avons très peu de concurrents dans ce domaine. A ma connaissance, il n’y a pas encore sur le marché un acteur qui soit en mesure de développer du hardware et de développer des solutions logicielles qui permettent d’accélérer cette transformation digitale. Nous sommes au cœur de ce processus et c’est ce qui a fait notre succès et a permis notre croissance. Mais à côté, il y a des acteurs comme Zebra qui font des terminaux durcis pour des usages professionnels. Mais lorsque l’on regarde à l’intérieur du device, la partie logiciel de base c’est l’Android de base que nous avons sur les téléphones. Ce qui fait notre caractéristique, c’est que nous arrivons à maitriser cette couche logicielle. C’est ce qui permet de sécuriser les applications et d’accélérer l’usage au quotidien.

Faites-nous l’historique du produit qui a été un succès en France.

Nous avons lancé le produit fin 2013 début 2014. Nous nous sommes rendu compte que les potentiels clients venaient à nous. En mars 2018, Famoco a été classé n°1 des entreprises tech par Les Echos sur la croissance de ces quatre dernières années. Nous sommes déployés dans une trentaine de pays. A un moment donné, ce qui a fait que nous avons pris le dessus, c’est notre capacité à avoir une présence locale et à accompagner le client. Cela a développé un écosystème de partenaires autour de notre solution. La présence de Famoco à Abidjan, à Dakar, à Nairobi, permet de réaliser la fondation de l’écosystème de partenaires que l’on veut développer au travers des références que nous avons aujourd’hui. En quelques mois, en Côte d’Ivoire, nous avons signé un contrat avec la LONACI (Loterie Nationale de Côte d’Ivoire) qui va dématérialiser une partie de ses process via nos appareils. Il y a également la SOTRA (Société des Transports Abidjanais) qui dématérialise ses cartes de transport et qui utilise nos appareils pour un terminal de contrôle. La CIE-SODECI, la société qui gère l’électricité et l’eau, est aussi notre partenaire. Elle équipe ses agents sur le terrain afin de s’assurer que les interventions se passent bien.

Qu’apporte ce produit aux entreprises publiques et privées ?

A l’ère du digital, on a son téléphone qui sert pour des communications interpersonnelles. Mais lorsqu’il faut déployer des applications, il faut un vrai outil de travail qui doit être géolocalisé et qui peut conserver les données, telles que des photos, des empreintes digitales, des codes-barres, des QR-codes, etc. Notre appareil est capable d’exécuter toutes les applications professionnelles dans un environnement sécurisé et contrôlé à distance. Ce sont des appareils professionnels, robustes, qui sont des appareils durcis pour pallier à toutes les conditions, qu’elles soient météorologique, c’est-à-dire que ces appareils résistent à la pluie et à la poussière, mais aussi aux chutes lorsqu’ils tombent par mégarde.

Pourquoi avez-vous misé sur le marché africain ?

L’Afrique représente le tiers de nos activités. Nous pensons qu’il y a un potentiel énorme lié au développement. Dans l’agriculture par exemple, quand on regarde le taux de rentabilité des parcelles, il est relativement faible comparé à ce que nous voyons en Europe ou dans certaines zones de l’Asie. Pour augmenter cette rentabilité, il faut digitaliser l’agriculture. Par exemple, il faut donner l’occasion à l’agriculteur de commander ses engrais et ses semences qui vont être livrés chez lui à des coûts extrêmement compétitifs. Pour y arriver, il faut informatiser tout le système. Il faut créer des applications. Et, pour que ces applications puissent être mises en œuvre, il faut des terminaux sur le terrain. Il y a également un potentiel énorme dans le secteur minier. Il est également important de digitaliser le secteur informel pour arriver à une inclusion financière. Par exemple, le taux de bancarisation en Afrique se situe en dessous de 20%, il y a donc un vrai besoin d’offrir des systèmes alternatifs comme cela se fait en Europe pour arriver à bancariser ces personnes. A partir du moment où ces personnes sont bancarisées, on peut leur offrir du micro crédit, de la micro assurance vie, etc. Cela va permettre de développer naturellement l’économie et de rentrer dans un système vertueux. Puisque ces personnes n’ont plus de cash sur elles, le taux de criminalité va baisser. Aussi, le fait de pouvoir emprunter de l’argent permet aux petits commerçants d’investir dans leur commerce. Il y a aussi la collecte de taxes qui est un enjeu important pour l’Afrique. Elle permet de récupérer des taxes afin d’entrer dans une économie saine et règlementée comme dans les pays développés. Pour cela, il faut avoir des gens sur le terrain qui pourront récupérer les informations. Il faut que ce flux d’argent ne soit plus en cash mais se fasse par des transactions digitales. Pour le faire, il faut des terminaux sécurisés qu’il faut déployer sur le terrain et les nôtres répondent à ces besoins.

Quelle est votre implication dans le KYC (Know-Your-Customer) ?

Nous voulons rendre l’économie la plus transparente possible. Il faut une meilleure traçabilité des biens et des personnes pour sortir de cette économie informelle. Aujourd’hui, on ne peut pas acheter une carte SIM sans une pièce d’identité reconnue. Et, il faut scanner cette pièce d’identité pour qu’elle puisse entrer dans le système d’information de l’opérateur mobile. Pour le faire, il faut encore un device dédié et sécurisé pour faire du KYC (Know-Your-Customer) pour la remontée d’informations sécurisées.

Quelles sont vos ambitions dans les deux ou trois ans à venir ?

Nous voulons être le leader en Afrique et dans le monde de la validation de la transaction digitale. Nous sommes aujourd’hui sur la bonne voie parce que nous sommes partenaires avec certains opérateurs mobiles au Kenya, en Tanzanie, en RDC, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et même au Mozambique, qui utilisent quotidiennement notre solution pour dématérialiser l’ensemble de leur process. Et, nous avons de bonnes chances d’atteindre cet objectif assez rapidement.

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