Groupe Iroko : Un Groupe Ivoirien Spécialisé dans la Gestion d’Etablissements Hôteliers

Josaphat Oulai partage son évaluation du secteur de l’hôtellerie en Côte d’Ivoire et présente le Groupe Iroko, un groupe ivoirien spécialisé dans la gestion d’établissements hôteliers, se déclinant en 5 marques : Heden pour les 4 étoiles, Iris pour les 3 étoiles, Conciergerie Hotels pour les résidences de standing, Blue Sky pour le balnéaire, et Tamarin Lodge pour les établissements de type safari.

Interview avec Josaphat Oulai, Directeur Général du Groupe Iroko

Josaphat Oulai, Directeur Général du Groupe Iroko

Parlez-nous du secteur dans lequel vous exercez.

Le secteur de l’hôtellerie est en croissance en Côte d’Ivoire. Il y a beaucoup d’enseignes qui s’implantent ici. Bientôt, il y aura le Mövenpick, le Sheraton, les groupes Accor et Noom Hotels. D’ici 2020, il y aura une capacité de plus de 5 000 chambres en Côte d’Ivoire. Le paysage hôtelier ivoirien comprend plus de chaînes internationales. Le groupe Iroko est la seule chaine hôtelière ivoirienne, créée par des Ivoiriens. Ces Ivoiriens gèrent ces hôtels pour des particuliers.

Quelle doit être la démarche d’une chaîne hôtelière lorsqu’elle arrive en Côte d’Ivoire ?

Lorsqu’une chaine hôtelière arrive en Côte d’Ivoire, elle a ses propres normes et standards. Elle a également sa propre politique et sa propre gestion. Elle tient compte de la sécurité, des dimensions des chambres et des points de vente. La chaine étrangère peut prendre des bâtiments existants mais ils devront être mis aux normes des chaines internationales. Par exemple, une chaine hôtelière internationale ne peut s’octroyer un hôtel si la sécurité n’est pas de mise dans cet hôtel et que les chambres font 15 m2. Cela diffère d’une chaine locale qui elle s’adapte à ce que fait le promoteur.

Quelles différences y a-t-il entre les chaines internationales et les chaines locales ?

D’ici 2020, il y aura une capacité de plus de 5 000 chambres en Côte d’Ivoire. Le paysage hôtelier ivoirien comprend plus de chaînes internationales. Le groupe Iroko est la seule chaine hôtelière ivoirienne, créée par des Ivoiriens.

La différence avec ces chaines internationales, c’est qu’elles ont un label. Par exemple, Sheraton et InterContinental vendent leur label parce ces chaines existent depuis longtemps et que ces hôtels sont connus dans le monde entier. Contrairement aux chaines qui arrivent sur le marché et qui ne sont pas connues. Les clients s’interrogent sur ce qu’elles savent faire ou sur leurs références. Le groupe hôtelier Iroko, c’est une chaine de référence ivoirienne qui a été créé en 2015. Il essaie de combler un vide et va à l’affût d’une certaine clientèle. Certains promoteurs de chaines locales créent les hôtels et s’érigent en gérants d’hôtels. Ils n’ont pas le service qu’il faut à un marché comme la Côte d’Ivoire, qui reçoit beaucoup d’étrangers qui visitent beaucoup d’hôtels et qui savent apprécier le service hôtelier. Le groupe Iroko vient donc accompagner ces promoteurs. Il a mis en place un standard et fait la promotion de ces hôtels à partir d’un service marketing pour accroitre le potentiel de ces hôtels en vue de leur donner une visibilité à travers certaines foires et d’autres canaux de communication. Le groupe a également mis en place un service de formation en vue de former le personnel de ces hôtels. Aussi, il y a un avantage avec le groupe Iroko. Le personnel de ce groupe peut avoir des stages dans différents hôtels selon la qualité qu’on veut donner à ce personnel.

Présentez-nous les différentes marques du groupe Iroko.

Le groupe Iroko décline plusieurs marques. Nous avons la marque Heden qui comprend les hôtels quatre étoiles. Nous avons pour exemple l’Heden Golf Hôtel d’Abidjan. Nous avons également les hôtels Iris qui ont eux trois étoiles. Nous gérons l’hôtel Iris les Frontières à Odienné. Il y a également la marque Conciergerie Hotels. C’est cette marque qui gère les résidences de luxe : Achenbach et White House. Nous gérons aussi la marque Blue Sky qui sont des hôtels balnéaires à Assinie : Blue Sky Yamaman Lodge, Blue Sky Abissa Lodge 1 et Blue Sky Abissa Lodge 2.

A quel moment intervenez-vous dans la gestion d’un hôtel ?

Nous prenons contact avec le promoteur dès le début de son projet pour permettre au groupe Iroko de donner son observation sur les plans de l’hôtel et ses fonctionnalités. Nous accompagnons le promoteur jusqu’à la fin de la construction de l’hôtel. En plus, nous procédons à l’embauche du personnel. Nous le formons et nous le mettons à la disposition de l’hôtel pour sa gestion. Pour l’hôtel Conciergerie Achenbach par exemple, c’est un bâtiment que le promoteur a repris, en nous y associant dès le départ. Nous avons construit et ouvert l’hôtel ensemble. Nous le gérons toujours ensemble. C’est pareil pour l’hôtel Conciergerie White House. L’hôtel Iris les Frontières à Odienné était déjà construit. C’était un hôtel de la Sietho qui remplissait toutes les conditions et dont nous avons repris la gestion.

Quels sont les grands défis auxquels vous devez faire face pour développer vos hôtels ?

Les défis sont nombreux. Mais d’abord, nous aimerions avoir un hôtel propre à nous. Nous souhaiterions que les investisseurs puissent nous accompagner dans ce sens. Car, nous ne gérons que les hôtels des promoteurs. Nous avons des partenaires qui nous approchent et qui souhaitent que nous investissions dans leurs hôtels afin qu’ils nous en confient la gestion. Nous voulons aussi que des investisseurs nous aident dans ce sens. Nous avons une visée sous-régionale car nous avons prospecté au Burkina Faso, au Togo et au Sénégal. Nous avons eu des rencontres et d’ici l’année prochaine, nous allons concrétiser les choses et étendre notre label dans la sous-région.

Qu’est-ce qui vous différencie du groupe Onomo, qui est également un groupe africain ?

Le groupe Onomo a sa particularité. Ils ont une certaine clientèle qui n’est ni le haut, ni le bas de gamme. Ce sont des hôtels Onomo trois étoiles avec leurs spécificités. Le groupe Iroko est totalement différent dans la mesure où il a plusieurs marques. Nous avons des quatre étoiles, des trois étoiles, des conciergeries de luxe et des balnéaires. Chaque marque a ses standards et ses sécurités. Avec toutes ces marques et tous ces standards, nous pouvons toucher une large clientèle, contrairement à Onomo.

Quel est le besoin en termes de gammes d’hôtels en Côte d’Ivoire ?

Aujourd’hui, le haut de gamme est couvert par les chaines internationales. Le besoin aujourd’hui, c’est le milieu de gamme, c’est-à-dire les trois étoiles. Car l’Ivoirien moyen peut s’offrir une chambre dans un hôtel trois étoiles. Par exemple, nous avons un hôtel trois étoiles à Odienné. Les gens y vont en campagne. Au niveau des hôtels balnéaires, Jacqueville et Assinie sont en plein essor. C’est une opportunité pour les promoteurs de s’installer à Assinie pour résorber ce flux. Nous nous adressons à ceux qui ont les moyens d’investir pour construire un hôtel, le donner en gestion ou le gérer eux-mêmes. C’est avec ces derniers que nous travaillons. Nous leur disons que nous sommes là pour travailler avec eux et les guider afin qu’ils fournissent un bon service à la clientèle.

Que sera le groupe Iroko dans les trois années à venir si vous arrivez à mettre en place tous vos projets ?

D’ici trois ans, nous souhaiterions construire un hôtel pour nous-mêmes. Nous voulons également connaître une expansion sous-régionale en ayant au moins deux hôtels au Burkina Faso, au Togo, au Mali, etc. Nous souhaiterions aussi être connus en Côte d’Ivoire et avoir un important portefeuille d’hôtels.

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