SOTIC SA impulse la mécanisation agricole et la transformation industrielle en Côte d’Ivoire et à travers l’Afrique

Dans cette interview, Bakayoko Aboubakar, Directeur Général de SOTIC SA, présente sa vision de l’industrialisation africaine à travers la fabrication locale d’équipements industriels et de machines agricoles. L’entreprise développe des solutions de transformation agricole pour la noix de cajou, le manioc, l’attiéké, l’huile de palme, le cacao, le café et les céréales. SOTIC promeut la mécanisation agricole, la souveraineté industrielle africaine et la création de chaînes de valeur locales. Son ambition est de devenir une référence en Afrique de l’Ouest et dans l’espace CEDEAO grâce à l’innovation technologique, la maintenance industrielle et la transformation locale des matières premières africaines.

Interview SOTIC SA

Journaliste :*

Il fabrique et vend des machines agricoles. Il est le Directeur Général de la Société

des Travaux, d’Ingénierie et de Consultance, plus connue sous le sigle SOTIC. Il est notre

invité ce mois-ci. Avec lui, nous parlerons de sa vision entrepreneuriale, des

transformations agricoles et surtout de son business.

La Côte d’Ivoire cherche aujourd’hui à accélérer la transformation locale du secteur primaire

agricole afin de créer davantage de valeur ajoutée sur place. Monsieur Bakayoko, comment

est née la SOTIC ? Quelles étaient, au départ, vos ambitions pour l’industrialisation agricole ?

*DG – Monsieur Bakayoko :*

Très bien. La SOTIC est née à Boundiali, dans la région de la Bagoué. Je suis ingénieur industriel de formation.

À l’époque, je voyais les producteurs vendre leur coton à des prix très faibles, parfois à 50 francs le kilogramme.

Je me suis alors posé une question essentielle : fallait-il seulement perfectionner la maintenance des machines

existantes ou aller plus loin en fabriquant nos propres équipements ? C’est ainsi que la passion est née.

Nous avons commencé modestement, avec des moyens limités, mais progressivement nous avons évolué. Pendant

ce temps, la Côte d’ivoire traversait plusieurs défis économiques et agricoles. Beaucoup de producteurs ne savaient

plus comment valoriser leurs récoltes. Ils étaient obligés de vendre leurs produits à des prix dérisoires.

Avec mes collaborateurs, nous nous sommes demandé ce que nous pouvions faire pour aider nos parents cultivateurs

à sortir de cette situation difficile. La solution qui s’imposait était claire : développer des machines et des équipements

adaptés à nos réalités.

Or, ces équipements n’existaient pratiquement pas en Côte d’Ivoire. En tant qu’ingénieur, j’ai donc décidé de fabriquer

localement des équipements pour les mettre à la disposition des producteurs. C’est ainsi que l’aventure de la SOTIC

a réellement commencé.

Par la suite, nous avons compris qu’il ne fallait pas seulement produire des machines pour notre région ou nos villages,

mais penser plus grand : fabriquer des équipements pour toute la Côte d’Ivoire et même pour les pays de la sous-région.

Aujourd’hui, nous développons des technologies capables d’accompagner la transformation locale des produits agricoles

afin que davantage de valeur ajoutée soit créée en Afrique.

** Journaliste

La création de la SOTIC part donc d’un constat important : de nombreuses entreprises africaines utilisent

encore des équipements importés. Pourtant, vous avez choisi de concevoir et fabriquer vos propres

machines localement.

Pourquoi, selon vous, est-il indispensable de développer une industrie locale en Côte d’Ivoire ?

*DG – Monsieur Bakayoko :*

Parce que moi, je ne crois pas à une industrialisation basée uniquement sur l’importation. Pour moi, l’industrie doit

apporter des solutions locales à des problèmes locaux.

Avant tout, il faut des entrepreneurs et des promoteurs capables de fabriquer ici les équipements dont nous avons

besoin. Une usine, ce n’est pas seulement des machines. Il y a aussi la maintenance, la continuité du service,

la disponibilité des pièces et la capacité à maintenir les équipements performants pendant 5, 10 ou même 20 ans.

Quand on observe l’histoire industrielle de l’Afrique depuis les années 1960, on constate que beaucoup de projets

de transformation n’ont pas réellement abouti. Pourquoi ? Parce que nous dépendons encore trop des technologies

venues d’ailleurs.

Acheter des équipements en Asie, en Chine ou en Europe peut sembler plus simple, mais ce n’est pas durable. Cela ne

favorise pas véritablement le développement local ni l’autonomie industrielle.

Nous devons encourager nos ingénieurs, nos techniciens et nos industriels à travailler ensemble pour fabriquer des

machines adaptées à notre environnement. Des machines pour lesquelles nous pouvons assurer la maintenance,

le suivi technique et la continuité des services.

C’est pourquoi nous pensons qu’il faut des politiques publiques capables de soutenir la fabrication locale d’équipements

industriels. Sans cela, il sera difficile de réussir durablement la transformation agricole et industrielle de notre pays.

** Journaliste :**

L’anacarde représente aujourd’hui une matière stratégique pour l’économie ivoirienne,

avec une forte volonté de transformation locale et de création de valeur ajoutée.

Comment les équipements que vous concevez contribuent-ils concrètement

à améliorer la productivité et la compétitivité des transformateurs ivoiriens ?

“DG – Monsieur Bakayoko :**

Déjà, le fait d’être implantés localement en Côte d’Ivoire offre plusieurs avantages importants.

Cela permet d’assurer la continuité des services, la maintenance des équipements

et l’assistance technique pour les industries qui utilisent nos technologies.

Nous avons également développé des solutions adaptées aux réalités ivoiriennes et africaines.

Vous savez, dans l’industrie, il faut des capitaux importants. Tout le monde ne peut pas investir

10 ou 20 milliards de francs CFA pour construire une grande usine.

Dans ce contexte, beaucoup se tournent vers des financements extérieurs. Mais nous pensons

qu’il est aussi possible de stimuler l’entrepreneuriat local en encourageant les coopératives

et les petites structures à créer des unités de transformation à taille humaine.

Je prends un exemple simple : si une coopérative transforme 500 kilogrammes de produits par jour,

imaginez ce que cela représente lorsque 100 coopératives font la même chose.

Cela équivaut à 50 000 kilogrammes transformés quotidiennement.

À la SOTIC, nous essayons donc de promouvoir une transformation participative. Notre objectif

est de faire participer directement les coopératives et les entrepreneurs ivoiriens

à la transformation des matières premières locales.

Nous pensons sincèrement que c’est l’une des meilleures solutions pour réussir

la transformation industrielle en Côte d’Ivoire. Et nous sommes pleinement engagés dans cette vision.

Il faut également rappeler que la Côte d’Ivoire représente près de 40 % de la production mondiale

d’amandes de cajou. Lorsqu’on ajoute les autres pays africains de la sous-région,

on atteint environ 60 % de la production mondiale.

Notre ambition, à travers la SOTIC, est donc de contribuer à trouver des solutions adaptées

afin d’encourager l’investissement industriel dans l’espace CEDEAO, pour que nous puissions

transformer localement nos matières premières.

Notre rôle consiste à fournir des équipements, de la technicité et un accompagnement technique

aux entreprises afin qu’elles puissent produire efficacement, être rentables et participer pleinement

au développement économique ainsi qu’à la création d’emplois dans nos pays

 “Journaliste

L’a noix de cajou n’est pas la seule culture encore insuffisamment transformée localement.

Il y a également le maïs, le cacao, le café ou encore l’huile de palme.

Vous développez sans doute des solutions industrielles pour plusieurs de ces filières.

Selon vous, quels sont aujourd’hui les secteurs agricoles qui offrent le plus fort poten!

de transformation industrielle en Côte d’Ivoire et en Afrique de l’Ouest ?

**DG – Monsieur Bakayoko :**

Je pense que toute la filière agricole africaine est concernée par cette problématique de transformation.

Aujourd’hui, toutes nos spéculations agricoles ont besoin d’être davantage valorisées localement.

On le voit par exemple avec le cacao. Depuis plusieurs années, la question de la transformation locale

revient régulièrement. Pourtant, tant que nous continuerons à exporter simplement les matières premières

sans les transformer, nous ne maîtriserons pas véritablement la chaîne de valeur.

À la SOTIC, nous essayons donc d’intervenir progressivement sur plusieurs segments. Bien sûr,

nous ne pouvons pas tout faire à la fois, mais nous avançons par priorité.

Nous avons commencé par la noix de cajou, puis nous nous sommes intéressés au manioc.

Aujourd’hui, avec le manioc, nous pouvons produire de l’attiéké, de l’huile et plusieurs dérivés.

Mais une question importante se pose : dans quelles conditions ces produits sont-ils transformés ?

Il est essentiel de mettre en place des équipements modernes permettant la transformation du manioc

et la production d’attiéké dans les meilleures conditions d’hygiène et de productivité. Cela permet

également aux unités de transformation d’améliorer leur rentabilité et de mieux valoriser leurs investissements.

Je pense qu’aujourd’hui, la SOTIC est devenue l’un des leaders des équipements de transformation

du manioc en Côte d’Ivoire. Et nous poursuivons nos recherches et développements afin d’aller

encore plus loin dans l’innovation technologique.

Nous avons même accompagné certains projets dans des pays comme l’Algérie en fournissant

des équipements de transformation du manioc, afin de favoriser la consommation et le développement

de l’attiéké à l’international.

Comme nous le disons souvent, garantir la sécurité alimentaire passe aussi par la valorisation

de cultures locales comme le manioc.

Mais il n’y a pas que le manioc. Il existe un énorme potentiel dans l’huile de palme, les céréales,

le maïs, le cacao, le café et bien d’autres filières.

En Afrique, beaucoup de producteurs disposent de petites exploitations de 2, 3 ou 5 hectares seulement.

Avec de faibles volumes et parfois de longues distances de transport, la commercialisation devient

C’est pourquoi nous pensons qu’il faut développer des mini-unités de transformation de proximi

notamment pour les coopératives. Cela permettrait aux producteurs de transformer directement

leurs récoltes localement et de créer davantage de valeur ajoutée.

Aujourd’hui, nos principales priorités portent sur la noix de cajou, le manioc et l’huile de palme,

sans oublier les céréales.

Au niveau de la SOTIC, nous travaillons également à la mise en place d’une synergie entre

les équipementiers ivoiriens. L’objectif est de créer une véritable plateforme industrielle capable

de répondre aux besoins de toutes les filières agricoles.

C’est dans cette dynamique que nous soutenons les initiatives réunissant équipementiers,

coopératives et acteurs industriels afin que tous les fabricants ivoiriens puissent travailler ensemble

pour relever le défi de la transformation locale:

Je pense sincèrement que c’est à cette condition que nous réussirons durablement la transformation

industrielle de nos matières premières et le développement de toutes les filières agricoles africaines.

** Journaliste :**

La SOTIC a des ambitions, mais aussi de nombreux défis à relever. Beaucoup d’industriels africains

sont confrontés à des difficultés liées à l’accès au financement, à la recherche et au développement,

ou encore à la concurrence des équipements importés.

Quels sont aujourd’hui les principaux défis auxquels la SOTIC est confrontée dans sa phase de croissance ?

**DG – Monsieur Bakayoko :**

Effectivement, nous faisons face à plusieurs défis importants.

Depuis quelques années, nous avons déjà entamé la modernisation de notre outil industriel afin d’intégrer

des équipements à commande numérique. Cela nous permettra de produire des machines avec des

technologies plus avancées et des standards de qualité encore plus élevés.

Notre principal défi aujourd’hui est d’augmenter notre capacité de production. Si nous voulons fabriquer

des équipements non seulement pour la Côte d’Ivoire, mais aussi pour les pays de la sous-région, cela

nécessite des investissements importants.

Pendant plus de quinze ans, nous avons travaillé avec les mêmes moyens et les mêmes capacités de production.

Meis depuis janvier 2026, le Programme Économique pour la Transformation des Entreprises a sélectionné

plusieurs entreprises qui bénéficieront de l’appui de l’État ivoirien afin d’accélérer leur développement.

La SOTIC fait partie des entreprises retenues dans le secteur de l’industrie manufacturière. Grâce à l’appui du

gouvernement et de nos partenaires, nous voulons aujourd’hui poser les bases nécessaires pour accroître nos

capacités et concrétiser notre ambition : faire de la SOTIC une référence africaine dans la fabrication

d’équipements industriels.

**Journaliste :**

Au-delà des investissements industriels, quels autres défis considérez-vous comme prioritaires ?

**DG – Monsieur Bakayoko :**

Je pense qu’il y a trois grands défis essentiels.

Le premier défi consiste à faire comprendre aux gouvernements ivoiriens et africains qu’il est indispensable

de promouvoir la fabrication locale d’équipements industriels. Pour nous, c’est la base même de la

transformation des matières premières africaines.

Le deuxième défi est lié aux investissements. Nous devons encourager les investisseurs africains à ne pas

investir uniquement dans l’immobilier ou le commerce, mais aussi dans les équipements industriels et la

transformation des matières premières.

Par exemple, dans la filière cacao, il existe encore énormément d’opportunités. Nous devons aller au-delà

de l’exportation brute et développer des unités capables de transformer localement nos produits agricoles.

Le troisième défi, et sans doute l’un des plus importants, concerne la jeunesse africaine. Nous devons

encourager les jeunes talents, les techniciens, les ingénieurs et les entrepreneurs à croire en leurs idées et à

participer à cette dynamique industrielle.

Aujourd’hui, lorsqu’on parle de grandes entreprises comme Google ou Facebook, il faut se rappeler qu’elles

e par de jeunes étudiants avec une vision.

Les jeunes Africains doivent comprendre qu’eux aussi peuvent créer des solutions innovantes à partir de nos

réalités locales. Ils peuvent développer des technologies, concevoir des équipements et devenir des

entrepreneurs industriels.

À la SOTIC, nous invitons d’ailleurs les jeunes talents africains à rejoindre notre équipe afin de réfléchir

ensemble ‘aux solutions pour transformer durablement les matières premières africaines.

L’Afrique regorge de potentialités. Mais il est essentiel qu’une partie importante de nos ingénieurs et

techniciens mette son savoir-faire au service de l’industrialisation et de la transformation locale. C’est cela,

selon moi, le grand défi de notre siècle.

** Journaliste :**

Vous parlez régulièrement de souveraineté industrielle africaine,

de création de chaînes de valeur locales et de transformation

des matières premières.

Quel rôle des entreprises comme la SOTIC peuvent-elles

réellement jouer dans cette dynamique de réindustrialisation

du continent africain ?

**DG — Monsieur Bakayoko :**

Sans équipementiers locaux, il ne peut pas y avoir de

réindustrialisation de l’Afrique.

On peut vouloir développer la chaîne de valeur du cacao, mais

s’il n’existe pas de broyeurs de cacao, cela devient impossible.

On peut vouloir transformer le manioc, maïs s’il n’y a ni

broyeurs, ni essoreuses, ni équipements adaptés, alors rien

ne peut se faire.

La vraie question est donc : où allons-nous trouver ces:

équipements ? Et surtout, qui va assurer leur maintenance

et leur suivi technique ?

Nous devons impérativement développer des solutions locales.

Je prends souvent un exemple très simple : imaginez un pays

sans médecins, sans infirmiers et sans hôpitaux. Quelle serait

la situation de ce pays ?

C’est exactement la même chose pour l’industrie. S’il n’existe

pas d’équipementiers locaux, le développement industriel

du pays est bloqué

** Journaliste :**

Selon vous, quels sont les modèles de développement

qui peuvent inspirer l’Afrique aujourd’hui ?

**DG — Monsieur Bakayoko :**

Quand on observe le monde, on peut distinguer deux grands

modèles de développement.

Le premier concerne les pays qui ont misé sur la technologie

et l’innovation. Les États-Unis, l’Allemagne, le Japon, la Corée

du Sud ou encore la Chine ont investi massivement dans les

technologies et dans la formation de leurs jeunes talents.

Aujourd’hui, la Chine est devenue une puissance mondiale

grâce au développement technologique et industriel.

Le second modèle concerne certains pays disposant de

ressources naturelles extrmement importantes comme

le pétrole et le gaz, à l’image des Émirats arabes unis

ou du Qatar.

Mais nous, Africains, quelle est notre véritable richesse ?

Nous ne disposons pas tous de pétrole ou de gaz en abondance.

En revanche, nous avons d’immenses ressources agricoles et

des matières premières considérables.

La seule voie durable pour nous est donc la transformation

locale de ces matières premières. Et cette transformation

passe forcément par la fabrication locale d’équipements

industriels.

5F’EPARTIE

** Journaliste :**

Pensez-vous que les autorités ivoiriennes

ont compris cet enjeu aujourd’hui ?

Oui, je pense que depuis janvier 2026, l’État de Côte d’Ivoire

s’inscrit progressivement dans cette dynamique.

C’est d’ailleurs pour cette raison que l’État accompagne

aujourd’hui la SOTIC dans sa volonté de développement

industriel

Mais au-delà de la Côte d’Ivoire, il faut que tous les pays

africains comprennent que la promotion des équipementiers

locaux est la base même de l’industrialisation du continent.

À la SOTIC, cela fait plus de quinze ans que nous croyons à

cette vision. Et nous continuons à travailler dans ce sens.

Nous sommes convaincus que si nous développons des

équipements fabriqués localement et adaptés aux réalités

africaines, nous pourrons transformer nos matières premières

sur plece, créer davantage de valeur ajoutée et surtout

générer des emplois.

** Journaliste :°*

Concrètement, quel impact cette industrialisation

peut-elle avoir sur l’emploi et le développement local ?

**DG – Monsieur Bakayoko :**

L’impact est énorme.

Par exemple, lorsqu’une petite unité de transformation de

manioc d’environ 30 milions de francs CFA est installée, cela

peut créer immédiatement près de 20 emplois directs.

De la même manière, une unité de transformation de

noix de cajou de 225 tonnes peut générer jusqu’à 500 emplois

En plus de cela, la transformation locale permet de doubler

la valeur ajoutée des produits agricoles:

C’est pourquoi nous invitons les investisseurs, les gouvernements

et les partenaires internationaux à venir participer à ce grand

défi de la transformation des matières premières africaines.

Nous demandons également aux États d’encourager davantage

les initiatives industrielles locales

Parce qu’au final, la véritable solution pour offrir des opportunités

aux jeunes Africains, c’est lindustrialisation

Beaucoup de jeunes quittent aujourd’hui l’Afrique parce qu’ils

ne trouvent pas suffisamment d’opportunités sur place.

Mais si nous créons des usines et des emplois localement,

ils pourront construire leur avenir ici même, en Afrique.

C’est la mission que nous nous sommes donnée à la SOTIC

proposer des solutions concrètes aux gouvernements, aux

investisseurs et aux acteurs économiques afin de transformer

durablement les matières premières africaines.

** Journaliste :**

Aujourd’hui, la demande en équipements de transformation agricole continue

de croître fortement en Afrique. Dans le même temps, les besoins en innovation

‘et en assistance technique deviennent de plus en plus importants.

Quelles sont aujourd’hui les ambitions de la SOTIC pour les prochaines années,

aussi bien au niveau national qu’à l’échelle régionale et internationale ?

**DG – Monsieur Bakayoko :**

Pour la période 2026-2030, notre ambition est très clair : lancer

La plus grande usine de fabrication en série de machines industrielles en Côte d’Ivoire.

Nous envisageons de délocaliser notre site de production actuel vers un nouveau site

lus vaste, plus moderne et doté des meilleures technologies industrielles. Notre site

Actuel sera progressivement transformé en centre de recherche et développement.

Nous voulons également ouvrir plusieurs points de maintenance à travers toute

La Côte d’oire, notamment à Korhogo, San Pedro, Bondoukou et Bouaké.

En paralèle, nous prévoyons l’ouverture de bureaux de vente et de maintenance dans

plusieurs pays africains. Entre 2027 et 2030, nous comptons nous installer au Sénégal,

en Guinée-Conakry, au Ghana, au Bénin et au Nigeria.

Nous sommes aussi actuellement dans une phase d’étude concemant plusieurs pays:

d’Afrique centrale.

L’objectif de la SOTIC, à l’horizon 2030, est de disposer en Côte d’Ivoire d’une unité

de production moderne capable de fabriquer des équipements industriels de très.

haute qualité, comparables à ceux produits en Asie, en Europe ou aux États-Unis.

Nous voulons travailler avec les mêmes standards technologiques et permettre

aux ingénieurs africains d’exprimer pleinement leur savoir-faire au même niveau

que les ingénieurs du reste du monde.

** Journaliste

Au-delà de l’expansion géographique, quels sont les autres axes

stratégiques de développement de la SOTIC ?

**DG – Monsieur Bakayoko :°*

Nous voulons devenir l’entreprise de référence qui apporte des solutions concrètes

pour la transformation des matières premières africaines.

C’est pourquoi nous allons contineur à renforcer nos programmes de recherche et

développement afin de développer notamment des mini-porteurs et des équipements.

agricoles destinés à accompagner les producteurs dans les plantations.

Nous ne pouvons plus continuer à travailler avec des méthodes agricoles dépassées.

La modernisation de l’agriculture africaine est indispensable.

Aujourd’hui, la SOTIC est engagée sur deux grands fronts

+ la mécanisation agricole

+ la transformation industrielle des matières premières.

Nous travaillons également à la création d’un véritable réseau d’équipementiers africains

afin de bâtir une chaine de valeur industrielle locale.

Notre ambition est de passer progressivement du statut de simple fabricant d’équipements

à celui d’assembleur industriel de grande capacité.

Concrètement, la SOTIC pourra concevoir des équipements, collaborer avec d’autres

entreprises africaines pour certaines fabrications spécifiques, puis assurer l’assemblage

final fin d’augmenter nos capacités de production et couvri l’ensemble du marché africain.

** Journaliste :

Monsieur le Directeur Général de la SOTIC SA, nous arrivons

progressivement au terme de cette interview.

Ce fut un échange passionnant, enrichissant et inspirant.

Nous avons parlé d’entrepreneuriat, de transformation locale,

industrialisation et surtout de votre ambition pour la SOTIC

aux niveaux local, régional et international.

Avant de conclure, quel message souhaitez-vous adresser

à vos partenaires, aux investisseurs et à la jeunesse africaine ?

**DG – Monsieur Bakayoko :”*

‘Après plus de quinze années d’activité, nous pouvons dire que

la Côte d’oire à commencé à comprendre l’importance

d’accompagner les équipementirs locaux.

Nous remercions l’État ivoirien pour 0n soutien et nous souhaitons

que cet accompagnement continue, car le défi de la transformation

industrielle repose avant tout sur les équipementiers locaux.

Nous encourageons également les Moiriens et les Africains

à s’approprier la transformation de leurs matières premières.

C’est un secteur stratégique avec un immense potentiel économique.

Nous ne devons pas attendre que d’autres viennent transformer

nos richesses à notre place. Ce sont les Africains eux-mêmes

qui d

J’invite aussi la jeunesze africaine, les techniciens, les ingénieurs

et les innovateurs à participer à la création des équipements

de demain

nt investir dans cette industrie.

Chacun peut contribuer, à son niveau, à inventer des solutions

adaptées aux réalités africaines

Je le répète souvent : i n’y a pas de développement sans industrie.

Et il n’y à pas d’industrie durable sans équipements locaux

Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire accompagne déjà cette dynamique

à travers des initiatives favorables au développement industriel

Nous remercions également Macropolis pour cette opportunité

qui nous permet de lancer un appel à tous les pays africains

la promotion des équipements locaux est la base de l’industrialisation

du continent.

Si nous voulons voir l’Afrique se développer durablement,

nous devons promouvoir nos industries, soutenir nos équipementiers.

et transformer localement nos matières premières afin de créer

davantage de valeur ajoutée et d’emplois pour notre jeunesse.

Merci à tous.

** Journ:

Merci à vous, Monsieur le Directeur Général de la SOTIC SA.

Je rappelle que la SOTIC SA est la Société des Travaux, d’ingénierie

et de Consultance. Elle était l’invité d’honneur de cette édition

de Macropois.

Merci de nous avoir suivis et à très bientôt pour un nouveau numéro.

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