Ibrahima Coulibaly, Value Audit & Advisory : gouvernance, financement et transformation des PME en Côte d’Ivoire

Dans cet entretien avec MarcoPolis, Ibrahima Coulibaly, Managing Partner de Value Audit & Advisory (V2A), présente la vision de son cabinet d’audit et de conseil en Côte d’Ivoire et analyse les principaux défis auxquels font face les PME Côte d’Ivoire, les PME africaines et, plus largement, les entreprises africaines.

À la tête de Value Audit & Advisory Côte d’Ivoire, cabinet d’expertise comptable Côte d’Ivoire, Ibrahima Coulibaly explique comment l’audit Côte d’Ivoire, le conseil financier Côte d’Ivoire, le pilotage financier, l’analyse financière et le diagnostic financier peuvent contribuer à la croissance des PME, à la structuration des PME et à la performance financière. Il souligne notamment l’importance de la gouvernance d’entreprise, de la gouvernance des PME en Côte d’Ivoire, de l’information financière, de la transparence financière et de la conformité des entreprises.

L’entretien examine également l’accès au financement et le financement des PME en Afrique. Ibrahima Coulibaly détaille les attentes des banques pour financer une PME, les exigences des investisseurs Afrique et l’importance des comptes audités pour obtenir un financement, réaliser une levée de fonds ou faciliter le financement bancaire.

Il aborde ensuite la restructuration d’entreprise en Côte d’Ivoire, le redressement d’entreprise, la gestion de trésorerie, le pilotage de la trésorerie d’une PME et la transformation des entreprises en difficulté.

Enfin, Ibrahima Coulibaly analyse l’intelligence artificielle et expertise comptable, l’automatisation comptable, l’IA comptabilité et l’analyse de données. V2A ambitionne de devenir une référence du conseil financier en Afrique de l’Ouest, d’accompagner la transformation des PME en grands comptes et l’implantation d’entreprises internationales en Afrique de l’Ouest.

Qu’est-ce qui vous a conduit à lancer Value Audit & Advisory ?

J’ai un parcours international qui m’a permis de connaître les deux côtés de l’entreprise. D’abord comme auditeur, où l’on formule des recommandations sur ce qu’il faut faire, puis comme directeur financier, où j’ai dû mettre ces recommandations en pratique au quotidien. Cette double expérience m’a fait prendre conscience que les PME, mais aussi les entreprises de manière générale, ont besoin d’un accompagnement de qualité. C’est ce qui m’a poussé à créer cette offre et à l’adresser aux PME africaines comme aux entreprises internationales.

Pourquoi cette mission d’accompagnement vous paraît-elle si importante ?

Elle est essentielle, notamment pour les PME, car les dirigeants ont besoin de conseils de qualité pour se développer et prendre de meilleures décisions.

Les entreprises doivent renforcer leur gouvernance, leur pilotage financier et leur capacité à anticiper les risques. Quelles sont, selon vous, les principales fragilités financières et organisationnelles des entreprises ivoiriennes, et quels leviers peuvent améliorer leur performance ?

Les entreprises ivoiriennes, africaines et, plus largement, celles de notre environnement font face à plusieurs difficultés. La première est le poids encore important de l’informel. De nombreuses PME travaillent toujours dans l’informel, ce qui rend plus difficile l’accès au financement et freine leur développement.

La deuxième difficulté concerne la gouvernance. Nous avons des entreprises, y compris de taille importante, dont la gouvernance reste très centrée sur le dirigeant. Cela complique leur structuration et leur développement.

Une troisième fragilité est le manque d’informations financières suffisamment fiables et disponibles à temps pour permettre au dirigeant de prendre des décisions éclairées.

Enfin, une problématique devenue centrale est la conformité. Aujourd’hui, elle ne concerne plus uniquement les grandes entreprises. Les PME doivent également prendre au sérieux les exigences liées à la lutte contre le blanchiment, à la traçabilité et à la transparence. Ce ne sont plus de simples options : elles deviennent indispensables pour accéder à des financements et à certains marchés.

Le marché de l’audit et du conseil réunit de grands réseaux internationaux et de nombreux acteurs locaux. Quel est l’avantage concurrentiel d’un cabinet indépendant comme Value Audit & Advisory ?

Les standards sont internationaux et s’imposent à tous. La différence se fait donc dans la manière de les appliquer. J’ai grandi professionnellement au sein de cabinets internationaux, où j’ai acquis la rigueur liée à ces standards. Mais ces grands cabinets peuvent avoir des procédures internes lourdes, parfois peu adaptées aux PME locales. À l’inverse, certains acteurs locaux peuvent manquer de rigueur.

Notre positionnement consiste à nous situer entre les deux : offrir à nos clients, qu’il s’agisse de PME ou de grands comptes, la rigueur des standards internationaux avec l’agilité, la proximité et l’adaptabilité qu’exige l’environnement local. C’est là que se trouve notre valeur ajoutée.

Qu’est-ce qui explique la confiance de vos clients ?

Nos clients nous font confiance parce que nous leur apportons de la qualité et de la rigueur, tout en restant proches d’eux et disponibles. Nous cherchons surtout à leur proposer des solutions concrètes, adaptées à leurs objectifs.

L’accès au financement reste un enjeu majeur pour les PME et les entreprises en croissance. Qu’attendent réellement les banques et les investisseurs d’une entreprise qui cherche à se financer ? Quelles erreurs empêchent encore de nombreuses entreprises africaines d’accéder au capital ?

Les banquiers et les investisseurs ne recherchent pas une belle histoire. Ils recherchent surtout de la transparence et de la visibilité. Une entreprise qui dispose de comptes présentés, audités et disponibles, établis selon des standards reconnus et dans un cadre transparent, pourra accéder beaucoup plus facilement au financement bancaire ou lever des fonds qu’une entreprise qui prépare ses comptes juste avant son rendez-vous avec la banque.

Le plus important est donc de construire cette transparence et cette visibilité dans la durée. L’accès au financement se prépare bien avant le moment où l’entreprise en a besoin.

Votre cabinet intervient notamment dans le diagnostic, le pilotage de l’activité et la restructuration. Lorsqu’une entreprise est en difficulté, quelle est la première étape pour rétablir sa performance ?

La première chose à faire est de réaliser un diagnostic. Ce n’est pas encore le moment de prendre des décisions : il faut d’abord retrouver de la visibilité. Il faut savoir où se trouve le cash, comprendre la situation de trésorerie, identifier comment l’entreprise gagne de l’argent, quelles activités sont coûteuses sans être rentables et quelles sont ses principales difficultés.

À partir de ce diagnostic, on peut ensuite proposer des décisions. Certaines peuvent être lourdes, mais elles doivent permettre à l’entreprise de repartir sur de bonnes bases.

Comment mesurez-vous qu’une transformation ou une restructuration est réellement réussie ?

Une entreprise qui traverse une phase de turbulence, fonctionne bien pendant six mois puis retombe dans les mêmes difficultés n’a pas été véritablement redressée. Pour considérer que la transformation a fonctionné, il faut d’abord que la trésorerie soit visible et maîtrisée, et que l’activité soit repartie. Il faut aussi que le dirigeant soit capable de piloter l’entreprise sans dépendre en permanence de consultants.

Surtout, les résultats doivent s’inscrire dans la durée. Lorsque cette visibilité et cette stabilité se maintiennent sur deux ou trois ans, on peut réellement considérer que la transformation a porté ses fruits.

Ce n’est donc pas quelque chose d’immédiat ?

Non. On observe souvent de premiers effets positifs au bout de deux ou trois mois, puis il existe un risque de relâchement. Il faut donc rester constant dans l’effort et dans le pilotage.

L’intelligence artificielle automatise déjà certaines tâches. Comment voyez-vous son impact sur l’expertise comptable et le conseil financier, et quelles compétences les cabinets doivent-ils développer ?

L’intelligence artificielle ne va pas faire disparaître le métier de consultant. En revanche, elle révolutionne l’ensemble de nos métiers. Dans l’expertise comptable, son premier impact est l’automatisation des tâches manuelles. Si elle est bien intégrée et adaptée au cabinet, elle permet d’alléger la charge de travail des collaborateurs et de dégager du temps.

Ce temps doit ensuite être consacré à la valeur ajoutée pour le client, c’est-à-dire au conseil, à l’analyse et à l’accompagnement.

Cette automatisation ne risque-t-elle pas de faire disparaître certains postes ?

Non, pas du tout. Le rôle de l’expert-comptable et de ses collaborateurs évolue. L’enjeu n’est plus seulement de savoir à quelle vitesse on peut saisir la comptabilité d’un client. Il s’agit désormais de disposer d’un maximum de données, d’avoir suffisamment de temps pour les analyser correctement et de transformer ces informations en conseils utiles pour le client.

Vous intervenez en Afrique de l’Ouest auprès d’institutions financières, d’entreprises industrielles, de PME et de grands comptes. Travaillez-vous déjà avec des gouvernements ?

Oui, nous travaillons déjà avec des gouvernements.

À quoi souhaitez-vous que Value Audit & Advisory ressemble à l’horizon 2030 ?

Nous avons une vision internationale pour notre cabinet. À l’horizon 2030, nous souhaitons faire de Value Audit & Advisory une référence pour les partenaires internationaux qui veulent s’implanter ou développer leurs activités en Afrique de l’Ouest et, plus largement, sur le continent africain.

Nous voulons également contribuer à faire émerger des géants nationaux, accompagner des PME dans leur passage vers le statut de grands comptes et permettre aux entreprises africaines de se structurer, d’accélérer leur croissance et d’aborder les marchés internationaux.

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